Sanofi va investir 40 millions d’euros
novembre 2024 Cette annonce fait suite à la polémique sur la vente de Doliprane

Deux projets financés à Lyon Gerland
- 25 millions d’euros : Modernisation de la production de la Thymoglobuline, un traitement anti-rejet pour les greffes.
- 15 millions d’euros : Localisation en France de la production du Tzield, médicament pour le diabète de type 1.
Production de la Thymoglobuline
La Thymoglobuline, un sérum anti-rejet développé dans les années 1960, est produite uniquement sur le site de Gerland. Elle est exportée dans 74 pays pour 70 000 patients. L’investissement permettra d’automatiser les étapes de production et de sécuriser l’approvisionnement des résines utilisées, avec une relocalisation de leur fabrication en Europe.
Les premiers lots industriels issus de ce nouveau procédé devraient être disponibles en 2025, avec une mise sur le marché prévue pour 2027.
Internalisation de la production du Tzield
Le Tzield, un anticorps monoclonal pour le diabète de type 1, sera produit en France grâce à une plateforme de bioproduction amovible. Ce traitement, acquis par Sanofi en 2023, était auparavant fabriqué hors d’Europe. L’objectif est de répondre à un besoin médical spécifique et d’assurer une disponibilité locale.
Les premiers lots industriels sont prévus pour 2025, avec une commercialisation attendue en 2027.
Entre souveraineté sanitaire et investissements stratégiques
Les récentes annonces de Sanofi, qu'il s'agisse de l'investissement de 40 millions d'euros sur son site de Gerland ou de la cession controversée d'Opella au fonds américain CD&R, illustrent les tensions entre ambitions industrielles et préservation de la souveraineté sanitaire française. D'un côté, des investissements locaux renforcent l’innovation et la production de médicaments stratégiques tels que la Thymoglobuline et le Tzield, avec un ancrage dans le tissu régional. De l'autre, la potentielle prise de contrôle étrangère d'Opella inquiète sur la capacité à maintenir un approvisionnement national sécurisé pour des produits aussi essentiels que le Doliprane.
Ces dynamiques posent une question centrale : comment concilier la compétitivité globale de l’industrie pharmaceutique française avec la nécessité de garantir son indépendance sanitaire, tout en répondant aux besoins des patients et des territoires ? Les choix stratégiques opérés aujourd'hui dessineront les contours du modèle pharmaceutique français de demain.
Doliprane : Une cession controversée sous contrôle américain
Le projet de cession par Sanofi de sa filiale Opella au fonds américain CD&R suscite des réactions dans un contexte de tensions sur la souveraineté sanitaire et les pénuries de médicaments en France.
Un projet de cession aux enjeux stratégiques
Sanofi et CD&R ont entamé des négociations exclusives pour une prise de contrôle de 50 % d'Opella, valorisée à 16 milliards d'euros. L'État français participera au capital via Bpifrance, à hauteur de 1 à 2 %, afin d'assurer un ancrage français à ces actifs stratégiques. L’entreprise emploie 1 700 personnes en France.
Garantie d'engagements industriels et sociaux
L’accord prévoit plusieurs mesures pour protéger les intérêts nationaux :
- Sanctions financières de 40 millions d’euros en cas d’arrêt de la production sur les sites français et 100 000 euros par emploi supprimé.
- Maintien des volumes de production pour les produits sensibles, tels que le Doliprane.
- Un plan d’investissement de 70 millions d’euros sur cinq ans en France.
La transaction devrait être finalisée au deuxième trimestre 2025.
Réactions politiques et syndicales
Le projet continue de susciter des critiques. Le député Manuel Bompard (LFI) a demandé de bloquer la cession en invoquant le décret "Montebourg", qui permet de protéger les secteurs stratégiques. Des craintes concernant un éventuel plan social sont exprimées par plusieurs élus, notamment la députée Clémence Guetté (LFI).
À l’inverse, Frédéric Valletoux (Horizons) a souligné l’importance de garantir la production française du paracétamol, composant clé du Doliprane.
Un acteur global en santé grand public
CD&R prévoit d'accélérer la croissance d'Opella, qui détient 115 marques et opère dans 100 pays avec 11 000 collaborateurs. Le fonds ambitionne de faire d’Opella un leader mondial de la santé grand public, tout en respectant les engagements pris pour le territoire français.